PayAfrik (Abidjan) lève 20 M$ pour le paiement mobile sans smartphone ni internet
La fintech ivoirienne boucle un tour de table de 20 millions de dollars mené par Sequoia Capital Africa pour sa plateforme de paiement adaptée aux marchés informels.
PayAfrik, une startup fintech basée à Abidjan, a bouclé un tour de table de 20 millions de dollars en Série A mené par Sequoia Capital Africa, avec la participation d'Orange Ventures, de Partech Africa et de plusieurs fonds d'investissement africains. La startup a développé une plateforme de paiement mobile qui permet aux commerçants des marchés informels d'accepter des paiements numériques sans smartphone ni connexion internet.
Le système repose sur la technologie USSD (Unstructured Supplementary Service Data), qui fonctionne sur n'importe quel téléphone portable basique via de simples codes à composer. Les commerçants reçoivent un QR code physique imprimé que les clients scannent ou un numéro court qu'ils composent sur leur téléphone. La confirmation de paiement se fait par SMS, ne nécessitant ni application ni données mobiles.
Cette approche cible un marché considérable : selon la Banque Mondiale, 85 % de l'économie en Afrique de l'Ouest relève du secteur informel, soit un volume de transactions estimé à 1 200 milliards de dollars par an qui échappe largement aux circuits financiers numériques.
« Nous avons conçu notre technologie pour les réalités africaines, pas pour un bureau climatisé de la Silicon Valley », explique Aminata Koné, fondatrice et CEO de PayAfrik, 29 ans, diplômée de l'INPHB de Yamoussoukro et ancienne ingénieure chez Orange Money Côte d'Ivoire. « Les solutions de paiement existantes supposent que tout le monde a un smartphone et une connexion 4G. En Afrique de l'Ouest, c'est le cas pour moins de 30 % de la population. »
En 18 mois d'opération, PayAfrik traite déjà 2 millions de transactions par mois à travers quatre pays d'Afrique de l'Ouest : Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali et Burkina Faso. Le volume total des transactions traitées a atteint 45 millions de dollars au dernier trimestre, avec un taux de croissance mensuel de 22 %.
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La plateforme compte 85 000 commerçants actifs, principalement dans les marchés de Treichville et d'Adjamé à Abidjan, le marché Sandaga à Dakar, et le Grand Marché de Bamako. Le modèle économique repose sur une commission de 0,8 % par transaction — significativement inférieure aux 2-3 % prélevés par les opérateurs mobiles money traditionnels.
« PayAfrik résout un vrai problème avec une approche pragmatique », estime Maya Horgan Famodu, partner chez Ingressive Capital, qui n'est pas investisseur dans la société. « L'inclusion financière en Afrique ne passera pas par des fintechs qui copient Stripe ou Square. Elle passera par des solutions adaptées aux infrastructures existantes. »
Les fonds levés seront utilisés pour s'étendre à la Guinée, au Niger et au Togo d'ici fin 2026, recruter 40 ingénieurs supplémentaires, et développer une fonctionnalité de micro-crédit basée sur l'historique de transactions des commerçants. PayAfrik vise la rentabilité d'ici le troisième trimestre 2027.
Source : Communiqué de presse PayAfrik ; Banque Mondiale, rapport sur le secteur informel en Afrique de l'Ouest 2025.
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