ADF attaquent Mambasa en RDC : 6ème attaque en 8 jours dans l'Ituri
Les Forces démocratiques alliées lancent une nouvelle offensive à Mambasa, prenant des civils en otage dans cette région instable de l'est congolais.
Une nouvelle attaque du groupe jihadiste des Forces démocratiques alliées (ADF) a frappé Mambasa, chef-lieu du territoire du même nom dans la région de l'Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 avril. Cette offensive marque la sixième attaque attribuée à ce groupe armé affilié à l'État islamique en seulement huit jours, illustrant l'escalade de la violence dans cette région déjà fragilisée. Plusieurs civils ont été pris en otage lors de cette incursion, bien qu'aucun bilan humain précis n'ait été communiqué dans l'immédiat par les autorités locales.
Escalade de violence dans le territoire de Mambasa
Le territoire de Mambasa, situé dans la province de l'Ituri, connaît une recrudescence alarmante des attaques des ADF depuis le début du mois d'avril. Cette région, riche en ressources naturelles notamment aurifères, constitue un enjeu stratégique majeur pour les groupes armés qui cherchent à contrôler les circuits économiques locaux. Les ADF, originellement un mouvement rebelle ougandais créé dans les années 1990, ont progressivement étendu leurs opérations en territoire congolais, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Selon les données de l'Observatoire congolais des droits de l'homme, plus de 200 attaques attribuées aux ADF ont été recensées dans la région depuis le début de l'année 2026, causant la mort d'au moins 150 civils.
La stratégie de prise d'otages civils s'inscrit dans une logique de terreur et de contrôle territorial que le groupe a développée au fil des années. Les experts en sécurité régionale notent que cette tactique vise à déstabiliser les communautés locales tout en créant un climat de peur propice au recrutement forcé et à l'exploitation des ressources. "Les ADF utilisent systématiquement la terreur comme arme de guerre, prenant délibérément pour cible les populations civiles pour asseoir leur emprise territoriale", explique Dr. Patience Kabamba, chercheuse spécialisée dans les conflits armés à l'Université de Kinshasa.
Réponse sécuritaire et défis opérationnels
Face à cette escalade, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont renforcé leur dispositif sécuritaire dans la région, déployant des unités supplémentaires dans le territoire de Mambasa. Cependant, la géographie complexe de cette zone, caractérisée par une dense forêt tropicale et un réseau hydrographique important, complique considérablement les opérations militaires. Les forces de sécurité doivent également composer avec un manque chronique d'équipements et de moyens logistiques, limitant leur capacité de réaction rapide face aux incursions des groupes armés. La Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) maintient également une présence dans la région, mais ses effectifs ont été considérablement réduits dans le cadre du processus de retrait progressif décidé par le Conseil de sécurité.
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Les autorités provinciales de l'Ituri ont appelé à un renforcement urgent des moyens déployés pour protéger les populations civiles. "Nous demandons au gouvernement central un soutien immédiat pour nos forces de sécurité qui font face à des défis considérables sur le terrain", a déclaré le gouverneur provincial lors d'une conférence de presse organisée à Bunia, chef-lieu de la province. Les défis sécuritaires sont amplifiés par la porosité des frontières avec l'Ouganda, facilitant les mouvements transfrontaliers des groupes armés et compliquant les efforts de coordination régionale.
Impact humanitaire et déplacements de populations
Cette nouvelle vague d'attaques aggrave considérablement la situation humanitaire dans la région de l'Ituri, déjà marquée par des années de conflit et d'instabilité. Selon les données du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 1,7 million de personnes sont actuellement déplacées dans la province de l'Ituri, dont une grande partie a fui les violences perpétrées par les ADF et d'autres groupes armés. Les attaques répétées dans le territoire de Mambasa ont provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations vers les centres urbains, mettant sous pression des infrastructures déjà insuffisantes.
L'impact de ces violences dépasse largement les frontières du territoire de Mambasa, contribuant à déstabiliser l'ensemble de la région des Grands Lacs africains. Les activités économiques locales, notamment l'agriculture et l'exploitation minière artisanale, sont gravement perturbées par l'insécurité persistante, privant les communautés de leurs moyens de subsistance traditionnels. Cette situation alimente un cercle vicieux de pauvreté et de vulnérabilité qui facilite le recrutement par les groupes armés et perpétue l'instabilité régionale. La communauté internationale continue de surveiller étroitement l'évolution de la situation, appelant à une réponse coordonnée pour protéger les populations civiles et restaurer la stabilité dans cette région stratégique de l'Afrique centrale.
Source : RFI Afrique - Est de la RDC: nouvelle attaque des ADF à Mambasa, plusieurs civils pris en otage
Source: RFI Afrique
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