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Macky Sall candidate à l'ONU divise l'Union africaine en 2026

L'ancienne présidence sénégalaise de Macky Sall pour le poste de secrétaire général de l'ONU crée des tensions au sein de l'Union africaine.

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Macky Sall candidate à l'ONU divise l'Union africaine en 2026

La candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal, au poste de secrétaire général des Nations Unies pour succéder à António Guterres en 2027 suscite des remous considérables au sein de l'Union africaine. Cette ambition diplomatique, bien que légitime sur le papier, révèle les fractures profondes qui traversent le continent africain en matière de représentation internationale. L'analyste Newton Ahmed Barry souligne que cette candidature, qualifiée de "piégée par des contingences africaines", illustre parfaitement les défis de coordination politique que rencontre l'Afrique sur la scène mondiale. Le mandat d'António Guterres expirant fin 2026, la course à sa succession s'annonce particulièrement disputée entre les différentes régions du globe.

Les enjeux géopolitiques de la candidature sénégalaise

Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, bénéficie d'une expérience diplomatique reconnue, notamment à travers sa présidence de l'Union africaine en 2022. Durant cette période, il avait orchestré plusieurs missions diplomatiques cruciales, incluant des négociations sur la crise ukrainienne et ses répercussions sur l'approvisionnement alimentaire africain. Selon les données de l'UA, l'Afrique n'a jamais occupé le poste de secrétaire général de l'ONU depuis la création de l'organisation en 1945, malgré ses 54 États membres représentant 28% des pays de l'assemblée générale. Cette sous-représentation historique renforce la légitimité théorique de la candidature africaine. Cependant, les observateurs diplomatiques notent que "l'Afrique peine à présenter un front uni face aux autres continents", selon une source proche du siège de l'UA à Addis-Abeba.

Divisions internes et rivalités continentales

Les tensions au sein de l'Union africaine reflètent les rivalités géographiques et linguistiques traditionnelles du continent. L'Afrique de l'Est, menée par l'Éthiopie et le Kenya, revendique historiquement une influence particulière dans les organisations internationales, Addis-Abeba abritant le siège de l'UA. L'Afrique du Nord, avec l'Égypte et l'Algérie, dispose d'un poids diplomatique considérable et d'une expérience multilatérale ancienne. Les pays anglophones, représentant environ 400 millions d'Africains selon les statistiques de l'UA, contestent parfois la prédominance francophone dans certaines instances. Un diplomate ouest-africain confie sous anonymat : "La candidature de Macky Sall divise parce qu'elle n'a pas fait l'objet d'un consensus préalable au niveau continental, contrairement aux pratiques habituelles de l'UA".

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Impact sur la diplomatie africaine et perspectives d'avenir

Cette situation révèle les faiblesses structurelles de la diplomatie africaine collective, particulièrement préoccupantes à l'heure où le continent cherche à renforcer son influence dans la gouvernance mondiale. Les experts estiment que cette division pourrait affaiblir les chances africaines face aux candidatures asiatiques et latino-américaines traditionnellement mieux coordonnées. La fragmentation diplomatique africaine contraste avec l'ambition affichée de l'Agenda 2063 de l'UA, qui prévoit une intégration politique renforcée. Newton Ahmed Barry souligne que "cette candidature, bien que légitime, illustre les défis persistants de coordination politique que doit surmonter l'Afrique pour peser davantage sur la scène internationale".

L'issue de cette candidature pourrait déterminer l'approche future de l'Union africaine concernant les postes de haute responsabilité internationale. Selon les données du Conseil de sécurité de l'ONU, l'Afrique ne dispose que de trois sièges non-permanents rotatifs sur quinze, malgré ses revendications répétées pour une réforme incluant des sièges permanents. Cette sous-représentation structurelle renforce l'importance symbolique et politique de la candidature de Macky Sall, indépendamment des divisions qu'elle génère actuellement au sein de l'organisation continentale.

Source originale : RFI Afrique - Le regard de Newton Ahmed Barry

Source: RFI Afrique

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