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Gabon : déploiement militaire à Libreville, l'aéroport fermé, l'UA appelle au calme

Des blindés et des soldats ont été déployés aux points stratégiques de la capitale gabonaise. L'aéroport Léon-Mba a suspendu tous les vols commerciaux. L'Union Africaine et la CEEAC appellent au respect de l'ordre constitutionnel.

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Vue dramatique d'une capitale africaine sous un ciel orageux chargé de nuages sombres

Des blindés et des soldats en armes ont été déployés aux points stratégiques de Libreville tôt ce matin, provoquant la panique parmi les habitants de la capitale gabonaise. L'aéroport international Léon-Mba a suspendu tous les vols commerciaux à partir de 6h00 (heure locale). Les télécommunications mobiles ont été partiellement coupées dans le centre-ville, bien que l'accès internet fixe reste fonctionnel dans certains quartiers.

Des témoins contactés par BuzzyAfrica décrivent une présence militaire concentrée autour du Palais du Bord de Mer (siège de la présidence), de la Radiodiffusion Télévision Gabonaise (RTG), du siège de l'Assemblée nationale, et des principaux carrefours du boulevard Triomphal Omar Bongo. Des barrages routiers ont été installés sur les axes menant à l'aéroport et au port d'Owendo.

Un communiqué attribué au « Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions » (CTRI) a été diffusé sur les ondes de la RTG à 7h30 (heure locale). Le texte, lu par un officier en uniforme dont l'identité n'a pas été confirmée, appelle au « rétablissement de l'ordre constitutionnel et à la mise en place d'une transition inclusive » sans fournir de détails supplémentaires sur la nature des griefs ou les revendications spécifiques du groupe.

Le porte-parole de la présidence gabonaise n'a émis aucune déclaration officielle à l'heure de la publication de cet article. Des sources diplomatiques à Libreville, s'exprimant sous couvert d'anonymat, indiquent que le président « serait en sécurité » mais que la situation reste « extrêmement fluide ».

L'Union Africaine (UA) a réagi par un communiqué publié à 10h00 depuis son siège d'Addis-Abeba : « L'Union Africaine condamne fermement toute tentative de changement anticonstitutionnel de gouvernement au Gabon. Nous appelons toutes les parties au calme, à la retenue et au respect de l'ordre constitutionnel. La Commission de l'UA reste en contact étroit avec les autorités gabonaises et la CEEAC. »

La Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) a publié un communiqué similaire, appelant à « une résolution pacifique de la crise dans le respect des cadres démocratiques ». Le président en exercice de la CEEAC a annoncé l'envoi d'une mission de médiation à Libreville dans les 48 heures.

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La France, ancienne puissance coloniale du Gabon, a publié un communiqué du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères appelant ses ressortissants à « rester chez eux et à éviter tout déplacement inutile dans la capitale ». L'ambassade de France à Libreville a activé son plan de sécurité et se tient « en contact permanent avec la communauté française » estimée à 7 000 personnes.

Le Gabon, producteur de pétrole de 2,3 millions d'habitants, a connu un précédent coup d'État militaire en août 2023, lorsque des officiers avaient renversé le président Ali Bongo Ondimba après 14 ans au pouvoir. La transition menée par le général Brice Oligui Nguema devait aboutir à des élections démocratiques en 2025, mais celles-ci avaient été reportées à 2026.

Les cours du pétrole ont réagi à l'annonce avec une hausse de 0,8 % du Brent, le Gabon étant le cinquième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne avec une production de 180 000 barils/jour. Les actions de TotalEnergies, qui opère plusieurs champs pétroliers au Gabon, ont reculé de 1,2 % à l'ouverture de la Bourse de Paris.

BuzzyAfrica continue de suivre les développements. Cet article sera mis à jour au fur et à mesure de l'évolution de la situation.

Source : Communiqué UA ; communiqué CEEAC ; témoins à Libreville contactés par BuzzyAfrica ; Reuters, données pétrolières.

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