Cardinal Ambongo dénonce la RDC comme terre meurtrie dans son message pascal
Le cardinal Fridolin Ambongo qualifie la RDC de terre meurtrie lors de Pâques, dénonçant la violence persistante.
Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et figure religieuse influente de République démocratique du Congo, a livré un message pascal particulièrement sombre ce dimanche 5 avril, qualifiant son pays de « terre meurtrie ». Dans son allocution prononcée devant les fidèles catholiques, le prélat a dressé un constat alarmant de la situation sécuritaire et humanitaire qui perdure en RDC. Cette prise de position intervient alors que le pays traverse une nouvelle période d'instabilité, marquée par la recrudescence des violences dans l'est du territoire et les défis socio-économiques persistants. Le message du cardinal résonne particulièrement dans un contexte où l'Église catholique joue un rôle central dans la société congolaise, représentant près de 50% de la population de 95 millions d'habitants selon les statistiques du Vatican.
Contexte sécuritaire dégradé dans l'est de la RDC
La situation sécuritaire en République démocratique du Congo demeure critique, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu où opèrent plus de 120 groupes armés selon les dernières estimations de l'ONU. Les violences intercommunautaires et les conflits liés au contrôle des ressources naturelles ont fait des milliers de victimes civiles au cours des derniers mois. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 5,6 millions de personnes sont actuellement déplacées à l'intérieur du pays, faisant de la RDC l'une des crises humanitaires les plus importantes au monde. Les provinces orientales, riches en minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan, continuent d'attirer la convoitise de groupes armés locaux et étrangers. Cette instabilité chronique entrave le développement économique et social du pays, malgré ses immenses potentialités naturelles.
L'Église catholique face aux défis sociaux congolais
Le cardinal Ambongo, nommé en 2018 par le pape François, s'est imposé comme une voix critique face aux autorités congolaises et aux acteurs internationaux. « Notre peuple souffre dans l'indifférence générale, nos terres sont souillées par le sang innocent », a-t-il déclaré lors de son homélie pascale, selon des témoins présents à la cathédrale Notre-Dame du Congo. L'archevêque de Kinshasa a également pointé du doigt l'inefficacité des forces de maintien de la paix, notamment la MONUSCO qui compte plus de 14 000 casques bleus déployés sur le territoire congolais depuis 1999. L'influence de l'Église catholique en RDC dépasse largement le cadre religieux, l'institution gérant un réseau d'écoles, d'hôpitaux et de centres sociaux qui pallient souvent les carences de l'État. Cette position privilégiée confère aux déclarations du cardinal Ambongo un poids politique considérable dans le débat public congolais.
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Réactions politiques et perspectives d'amélioration
Les autorités congolaises n'ont pas encore réagi officiellement aux déclarations du cardinal, mais plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur soutien à cette prise de position. « Le cardinal dit tout haut ce que le peuple congolais vit quotidiennement », a commenté un député de l'opposition sous couvert d'anonymat, craignant des représailles. Cette sortie intervient quelques semaines avant la visite prévue du président Félix Tshisekedi dans les provinces orientales, une tournée destinée à rassurer les populations locales sur les efforts du gouvernement pour restaurer la paix. Les organisations de la société civile congolaise ont salué le courage du prélat, estimant que son statut lui permet d'exprimer des vérités que d'autres acteurs ne peuvent formuler sans risquer leur sécurité. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), dont fait partie le cardinal Ambongo, avait déjà joué un rôle déterminant lors des négociations politiques qui ont mené à l'alternance démocratique de 2018.
Le message pascal du cardinal Ambongo illustre la persistance des défis auxquels fait face la République démocratique du Congo, malgré les changements politiques intervenus ces dernières années. Cette prise de position courageuse témoigne du rôle crucial que continue de jouer l'Église catholique comme conscience morale de la nation congolaise. L'impact de ces déclarations pourrait se mesurer dans les semaines à venir, notamment dans la capacité des autorités à apporter des réponses concrètes aux préoccupations exprimées par cette figure religieuse respectée. La voix du cardinal résonne d'autant plus fort qu'elle s'élève dans un contexte où les espoirs de paix durable semblent s'éloigner pour des millions de Congolais.
Source : RFI Afrique - https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260405-la-rdc-est-une-terre-meurtrie-affirme-le-cardinal-ambongo-dans-son-message-pascal
Source: RFI Afrique
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