L'ONU déclare la traite négrière 'plus grave crime contre l'humanité' sous l'impulsion du Ghana
L'Assemblée générale de l'ONU qualifie la traite des esclaves africains de plus grave crime contre l'humanité. Une initiative portée par le Ghana qui ouvre la voie aux réparations.
Dans une décision historique ce mercredi 25 mars, l'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement reconnu la traite transatlantique des esclaves comme le plus grave crime contre l'humanité jamais commis. Cette résolution, portée par le Ghana et soutenue par une majorité des États membres, marque une étape cruciale dans la reconnaissance internationale des atrocités de l'esclavage.
Le Ghana, anciennement connu sous le nom de Côte-de-l'Or, fut l'un des principaux points de départ de la traite négrière. Les historiens estiment que plus de 12,5 millions d'Africains ont été déportés vers les Amériques entre le XVIe et le XIXe siècle, dont environ 2 millions sont morts pendant la traversée. Le pays abrite encore aujourd'hui plusieurs 'châteaux des esclaves', notamment celui d'Elmina, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Selon le Professeur Kwame Nimako de l'Université du Ghana, 'Cette reconnaissance constitue un premier pas essentiel vers la justice réparatrice. Les conséquences de la traite négrière continuent d'affecter le développement économique et social de l'Afrique.' Les données de la Banque mondiale indiquent que les pays africains les plus touchés par la traite demeurent parmi les plus pauvres au monde.
La résolution appelle également à la création d'une commission internationale chargée d'étudier l'impact à long terme de l'esclavage et d'examiner les possibilités de réparations. Le texte souligne l'importance de l'éducation et de la mémoire, encourageant les États membres à intégrer cette histoire dans leurs programmes scolaires.
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Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président du Ghana, a déclaré : 'Cette résolution représente un moment décisif dans notre quête de justice historique. Elle affirme que les souffrances de nos ancêtres ne seront jamais oubliées ni minimisées.'
Les réactions internationales ont été diverses. Si les pays africains et caribéens ont majoritairement soutenu la résolution, certaines anciennes puissances coloniales se sont montrées plus réservées. La France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas se sont abstenus, évoquant des préoccupations juridiques concernant les implications en matière de réparations.
Cette décision pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations internationales et les politiques de développement. L'ONU estime que les réparations pourraient prendre diverses formes, allant d'investissements directs dans les infrastructures à des programmes éducatifs et culturels.
Source: RFI Afrique
Source: RFI Afrique
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