Mali: L'ONU dénonce une escalade autoritaire et la détérioration des droits humains
L'expert indépendant de l'ONU sur les droits humains au Mali présente un rapport alarmant sur la situation politique et sécuritaire du pays, pointant une dérive autoritaire croissante.
Dans un rapport présenté ce 25 mars devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, l'expert indépendant des Nations unies, Eduardo Gonzalez, dresse un constat alarmant de la situation des droits humains au Mali. Couvrant la période d'avril à novembre 2025, le rapport met en lumière une 'escalade autoritaire' du régime de transition et une détérioration significative des conditions sécuritaires et humanitaires dans le pays sahélien.
Le contexte malien s'est considérablement dégradé depuis le coup d'État de 2020, suivi d'un second en 2021. Selon les données de l'ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), plus de 2 800 civils ont perdu la vie dans des incidents violents en 2025, soit une augmentation de 40% par rapport à l'année précédente. La présence des mercenaires russes de Wagner, remplacés par l'Africa Corps, n'a fait qu'exacerber les tensions dans plusieurs régions du pays.
La situation politique demeure particulièrement préoccupante dans les régions du nord et du centre du Mali, où l'État peine à maintenir son autorité. D'après le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 2,4 millions de Maliens nécessitent une assistance alimentaire d'urgence, notamment dans les zones touchées par les conflits.
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'La multiplication des attaques contre les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques témoigne d'un rétrécissement inquiétant de l'espace démocratique', souligne Eduardo Gonzalez dans son rapport.
Le document détaille également les exactions commises par différents acteurs armés, incluant les groupes jihadistes, les forces armées maliennes et leurs partenaires russes. Les violations documentées comprennent des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et des cas de torture. Selon l'ONU, plus de 450 cas de violations graves des droits humains ont été recensés durant la période couverte par le rapport.
Les autorités maliennes ont vivement réagi à ce rapport. 'Ces accusations sont infondées et ne reflètent pas les efforts considérables déployés par le gouvernement pour protéger les populations civiles', a déclaré Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères. Il affirme que 'le Mali reste engagé dans la lutte contre le terrorisme tout en respectant les droits humains'.
'La communauté internationale doit maintenir la pression sur les autorités maliennes pour qu'elles respectent leurs engagements en matière de droits humains et de retour à l'ordre constitutionnel', insiste Ousmane Diallo, chercheur pour Amnesty International en Afrique de l'Ouest.
Les implications de ce rapport pourraient avoir des répercussions importantes sur les relations entre le Mali et ses partenaires internationaux, notamment en termes d'aide au développement et de coopération sécuritaire. La CEDEAO et l'Union européenne suivent de près l'évolution de la situation.
Source: RFI Afrique
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