Tunisie: Slaheddine Selmi, nouveau chef de l'UGTT, promet de restaurer le dialogue social
Le syndicaliste de l'enseignement de 67 ans prend la tête de la plus grande centrale syndicale tunisienne avec la mission de renouer le dialogue avec le gouvernement dans un contexte social tendu.
Slaheddine Selmi, syndicaliste chevronné de 67 ans issu du secteur de l'enseignement, vient d'être élu à la tête de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), la plus importante organisation syndicale du pays. Cette nomination intervient dans un contexte de tensions sociales marquées et de rupture du dialogue avec le gouvernement du président Kaïs Saïed. Le nouveau secrétaire général s'est engagé à privilégier la stabilité et la continuité, tout en promettant de restaurer les canaux de communication avec les autorités.
Un parcours syndical marqué par l'expérience et le consensus
Slaheddine Selmi n'est pas un nouveau venu dans le paysage syndical tunisien. Avec plus de trois décennies d'engagement au sein de l'UGTT, il a gravi progressivement les échelons de l'organisation. Selon Mohamed Larbi, analyste politique à l'Université de Tunis, « Selmi représente une figure de consensus qui pourrait apaiser les tensions internes au sein de l'UGTT, tout en maintenant la ligne historique de l'organisation ». Sa nomination a été saluée par une majorité des 517 délégués présents lors du congrès syndical, témoignant de sa capacité à rassembler.
Les défis urgents du dialogue social et de la crise économique
L'UGTT, avec ses plus de 1 million d'adhérents selon les chiffres officiels de 2023, fait face à des défis majeurs dans un pays confronté à une inflation galopante de 8,3% et un taux de chômage dépassant les 16%. Le professeur Ahmed Benali, économiste à l'Université de Sfax, souligne que « la reprise du dialogue social est cruciale pour la stabilité économique du pays, alors que les négociations salariales sont au point mort depuis plus de huit mois ». La centrale syndicale devra également gérer les tensions avec le gouvernement concernant les réformes économiques exigées par le Fonds monétaire international.
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Perspectives et réactions des acteurs sociaux
Dans son premier discours, Selmi a déclaré : « Notre priorité sera de renouer le dialogue avec le gouvernement tout en défendant les acquis sociaux des travailleurs tunisiens ». Cette position médiane suscite des réactions mitigées. Les représentants du secteur privé, par la voix de la CONECT, appellent à « un dialogue constructif qui prenne en compte les réalités économiques du pays ». Les syndicats de base, quant à eux, attendent des actions concrètes pour améliorer les conditions de travail et le pouvoir d'achat des salariés.
L'impact de cette nomination sera déterminant pour l'avenir des relations sociales en Tunisie. Dans un contexte régional marqué par l'instabilité économique et sociale, la capacité de l'UGTT à jouer son rôle d'intermédiaire entre le gouvernement et les travailleurs sera cruciale pour maintenir la paix sociale dans le pays.
Source: RFI Afrique
Source: RFI Afrique
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